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Echo62 - Février 2011

Emmanuelle Jourdant : La pension du bonheur

Pensionnée ? Elle est bien trop jeune pour la retraite ! Pensionnaire alors ? Elle a du bagout certes mais pas au point de rejoindre la Comédie française… Emmanuelle Jourdant est pensionneur. Un néologisme qui n’a pas encore trouvé son féminin. Pensionneur : responsable d’une pension pour chiens et chats. Un métier taillé sur mesure pour Emmanuelle, originaire d’Aire-sur-la-Lys, « élevée à la ferme » du côté d’Estrée-Blanche et qui a « toujours voulu travailler auprès des animaux ».

Elle s’est naturellement dirigée vers des études agricoles : Bac STAE (sciences et technologies agronomie et environnement) à Aire, puis BTS production animale à l’Institut de Genech. Déjà à l’époque, notre pensionneur avait failli foncer vers le toilettage canin après son Bac, avant d’opter finalement pour un BTS et de se retrouver dans une maternité porcine en Bretagne, entre Dinard et Dinan. Le toilettage a vite refait surface en moussant quand la petite famille Jourdant a retrouvé le Pas-de-Calais en 2001.

Nettoyer, observer
Installation dans une grande maison à Palfart, hameau de Febvin-Palfart, avec « du grand pour des chevaux » et formation de toiletteur canin au CFA d’Arras. Diplômée, Emmanuelle a créé son salon. Un vrai défi. « Toiletteur ? Il faut être fait pour ça. Nous sommes trop nombreux dans la région », souffle-t-elle aujourd’hui. Plus de 150 dans le Pas-de-Calais ! Heureusement pour elle, le bouche-à-oreille ou « truffe à oreille » a bien fonctionné. La clientèle a grossi, en même temps que l’envie d’aller plus loin et d’ouvrir une pension. Vacances sans le compagnon à quatre pattes, déplacements professionnels ou familiaux, hospitalisation : la pension est presque obligatoire pour bon nombre de propriétaires d’animaux familiers. Profitant du relatif isolement de sa propriété – pas de voisin à moins de cent mètres -, Emmanuel Jourdant a investi dans une construction respectant à la lettre les normes de la DSV, direction des services vétérinaires. « J’ai conçu cette pension comme si je devais y mettre mes propres chiens ! ».
Sols carrelés et en pente, box sûrs et confortables, parcs sécurisés à l’extérieur. Un gros investissement pour neuf places, avant d’en rajouter seize : « je refusais toujours du monde l’été ». « Aux bonheurs des chiens » - pension ouverte en mai 2008 - a rapidement trouvé ses marques et son régime de croisière ; notre pensionneur n’a pas chômé, armée de son balai car on ne lésine pas sur la chasse aux microbes et d’un grand sens de l’observation. Très à l’aise avec tous les chiens, les mignons les grognons, les fortes têtes, Emmanuelle ne les quitte pour ainsi dire jamais des yeux. Pas de vacances quand on facilite celles des autres.

Déjà les Romains…
Pour une nuit, une semaine, un mois voire beaucoup plus (deux chiens appartenant à des Anglais sont restés huit mois et « elle a brai quand ils sont partis »), les chiens sont logés, nourris, soignés, se sentant comme chez eux ou presque. La maîtresse des lieux n’oublie jamais de rassurer « ceux qui sont au bout de la laisse » ! Tout bon pensionneur doit avoir le sens de l’accueil et de la convivialité. Emmanuelle conseillant d’ailleurs à tous ceux qui pourraient avoir recours à une pension d’effectuer d’abord une visite… La sociabilité spontanée devrait diriger la vie des hommes et des bêtes, comme elle domine le caractère de cette jeune femme qui donne un coup de parfum « au malabar » à Pearl qui vient de passer à la tonte. Et histoire de casser le mythe du toutou à sa mémère, Emmanuelle rappelle que les Romains tondaient leurs chiens et que les bords de la Seine à Paris ou du Rhône à Lyon « grouillaient » de tondeurs au XIXe siècle ! L’hiver est rude, Emmanuelle n’hésite pourtant pas à faire prendre l’air à ses pensionnaires. Une dizaine en ce moment mais l’été sera chargé. Pour un séjour agréable « Aux bonheurs des chiens », il faut réserver dès maintenant. Dix euros la nuit en moyenne.

Du Relais Perrine à Busnes à la SNAC à Marconne en passant par Alloanimaux (un réseau de familles d’accueil) à Bruay-la-Buissière, les bonnes adresses de pensions pour chiens et chats ne manquent pas dans le 62.

« Aux bonheurs des chiens » : 5 rue d’Hesdin à Febvin-Palfart 03 21 88 37 29

Christian Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°114
Janvier-Février 2011

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